Chroniques  de la Lucidité

                                                                  Page 1 Avril 2020. 

 

   Il y a tellement de façons différentes d’agir ou de ne pas agir, de contempler, d’analyser dans notre société ­- et dans l’actualité cela s’est multiplié -, que nous ne savons plus où regarder, qui écouter, quoi penser. Les images envahissent notre vie quotidienne, peu à peu, en s’incrustant dans notre inconscient, de telle façon que nous n’arrivons pas à faire la différence ni le tri.  L’actualité nous met en colère et, quand nous ne sommes pas des acteurs impliqués (politiciens, scientifiques, médecins, infirmières, caissiers, camionneurs et j’en oublie), nous restons bien sagement à la maison et compatissons, échangeons avec nos amis, via Facebook ou le téléphone, nos pensées, nos ressentiments, nos anecdotes...

   Moi, c’est avec mon art que je le dis. Mes deux dernières séries sortaient directement de mes tripes : Pas Naître et l’Aveuglement, titre que j’ai emprunté à l’écrivain portugais José Saramago (1995) : « C’est la fiction d’un auteur qui nous alerte sur la responsabilité d’avoir des yeux quand d’autres les ont perdus. » Cette série allait être ma dernière en tant que photographe, même si je ne le savais pas encore.

   J’ai déménagé à l’été 2018. J’ai aussi fait le déménagement dans ma tête. Je me suis mise à écrire mes mémoires d’artiste. J’ai commencé par le début, mais je ne vous ne vous imposerai pas cela ici.

Fin décembre 2018, j’ai décidé de quitter le monde de la photographie. Mes dernières expositions m’avaient prouvé que j’étais faite pour créer et non pas pour combattre dans un monde où la règle est de se battre pour et contre.

   J’ai proposé à la galerie avec laquelle j’avais travaillé une rétrospective de mon travail photographique, cela me semblait une belle façon de mettre un point final à ma vie de photographe. Dix années ! Mais comme mon idée n’a pas semblé susciter l’enthousiasme chez la galeriste, j’ai abandonné. Non pas la création, bien sûr ! J’en avais vu d’autres !

 

Demain vous aurez la suite, je ne veux pas saouler ceux qui vont lire.

J’analyse le pourquoi.