LES APPELS À CANDIDATURE

                                                                               page 3 avril 2020

 

   Ah ! Celle-là, elle est pas mal ! Il y en a, des appels ! Surtout pour les photographes. Certains sont payants, d’autres pas, ces derniers en général organisés par les artistes. Avec l’internet nous pouvons envoyer des dossiers sans aucun frais, ni de tirage ni de retour avec la fameuse enveloppe timbrée. Ceux qui sont très exigeants demandent de bons tirages ; je le comprends, mais c’est un coût supplémentaire.

   Nous pourrions dire qu’il n’y a pas d’autre solution, car il faut bien choisir les artistes, et donc en passer par là. Il y a toujours des heureux élus. Le Grand Jury est là, pour te condamner ou t’absoudre en te donnant une petite chance, tel artiste te parle d’un festival, un autre de celui qui est vachement bien ! Un autre te dit : « Il faut insister s’ils ne te prennent pas la première fois. Moi, ils m’ont pris au bout du troisième envoi. » Tout cela serait parfait si ces juges, ce jury qui se réunit pour examiner tous ces dossiers n’était pas assujetti à certaines exigences imposées par ceux qui tirent les ficelles dans ce milieu. Nous le savons tous. L’honnêteté dans tout cela ?

    Je vous propose une anecdote assez croustillante. Il y a quelques années, j’ai répondu à un appel à candidature en Espagne (Je ne donnerai aucun nom, il faut me croire sur parole). Quelque temps après je reçois la réponse : « Malgré la qualité de votre travail… nous sommes au regret…. mais nous vous conseillons de postuler encore l’année prochaine… » Le hasard – qui, comme l’on dit, fait bien les choses -, m’a fait rencontrer cette même personne, l’organisateur de cet appel, dans une foire à Paris, Fotofever. Quelle surprise de voir le nom de celui à qui j’avais envoyé ma candidature ! Nous nous sommes mis à converser en espagnol. Je me suis présentée. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me reconnaisse, bien sûr, mais mon dossier ?... « Je ne me souviens pas de ton travail… » Je le lui décris. « Non, je ne l’ai pas vu. » Et il ajoute alors : « Tu sais, il faut que je te dise. Entre nous… Nous n’avons ouvert que dix enveloppes, celles qui nous intéressaient… Nous avions des consignes venant de… » J’avais payé 40 euros et, comme moi, 300 autres artistes. J’ai me suis dit : Ces espagnols !... Est-ce différent en France ?

   J’ai envoyé deux ou trois fois des candidatures, conseillée par un professionnel de la photo, et je n’ai jamais été prise.

Je me consolais en me disant : c’est surement parce que je ne suis pas une vraie photographe, classique, utilisant l’argentique et des vieilles méthodes.

Les photographes ? Ça pousse par milliers ! L’ouverture de création est passionnante. Moi, plasticienne à la base, même si j’ai toujours travaillé avec la photo et fait de la photo, je suis devenue photographe-plasticienne ; alors je suis tranquille, le marché de la photographie n’est pas pour moi. Sauf bien sûr si la photographie plasticienne devient à la mode !