LES ÉMERGEANTS

                                                     Se battre pour et contre 

                                                                                           page 2 avril 2020

    Mot très à la mode.

   Les sages, à une époque bien lointaine, étaient respectés et écoutés ; ils avaient le savoir et l’expérience. C’est tout à fait différent dans l’actualité, sauf, bien sûr, si notre nom est Soulages, mais, lui, comme l’on dit, joue dans une autre cour. Moi je vais parler de notre cour, celle de mes contemporains, ceux qui, s’ils vendent une photo 1000 euros, sont plus qu’heureux. 

   Un artiste qui dépasse les cinquante ans est obsolète ! Sauf s’il vend, cela va de soi. Il sera alors le bienvenu. S’il a des collectionneurs, encore mieux ! Son Art ?  Il faut qu’il soit vendable ! Autrement dit, il faut faire du commerce et non de l’Art.

    Les Jeunes ? C’est eux le futur, bien sûr. Mais laissons-leur le temps de se construire.

   Et d’abord qu’est que veut dire émergeant ? (« Nous n’avons que des artistes émergeants ! », se flattent bon nombre de galeries). Ces artistes émergeants, sont-ils un peu connus, ou moyennement connus du public ? Ils, ou elles émergent parce qu’un certain nombre de « connaisseurs » l’ont décidé. Quels connaisseurs ? Qui décide quoi ? Dans la photo comme dans les autres arts plastiques, il faut laisser passer le temps pour avoir le recul nécessaire et pouvoir juger si une œuvre dégage toujours des émotions, si elle tient la route.

   Je parle de l’Art, celui qui interroge, qui nourrit ton âme et ton esprit, et non pas de l’art décoratif que l’on met dans son salon, pour décorer et faire joli ; et ne parlons pas de l’art anecdotique, ou de celui que l’on fait sur commande…

   Il y a des jeunes très doués, bien sûr. Mais ils ne seront jamais des émergeants, ils, ou elles, seront tout simplement des bons artistes.

Je n’ai rien contre les jeunes, je l’ai été moi aussi et j’en ai bien profité ! J’étais consciente qu’un long chemin s’ouvrait devant moi : celui de faire, chercher et apprendre.

   Les jeunes artistes seraient-ils plus malléables dans le milieu commercial ? Si tes œuvres marchent, pourquoi n’en ferais-tu pas encore et encore ?

   Si je ne fais pas partie des Émergeantes, ferai-je partie des Plongeantes ?

   Je m’arrête là pour aujourd’hui. Ce sujet reste un débat ouvert.